Notre21siècle ne manque pas de problèmes.Quelque soit le thème,tous ceux du20ème sont encore présents a un seul bémol près:il semble qu’une guerre mondiale soit très peu probable,du moins entre nations.Par contre,pour ce qui est de la guerre sociale,elle a plutôt tendance à s’universaliser.L’internationale est bien née,mais ce n’est pas celle rêvée par les penseurs socialistes.L’internationale que nous vivons est celle des propriétaires de capitaux.Lalibre circulation de personnes,il n’en est pas encore question.Cette liberté qui pourrait bien contrarier,voir faire tomber bien des dictatures,cette liberté-là nos nantis n’en veulent pas.Ils préfèrent,en totalecomplicité avec leurs homologues de tous les pays,que les peuples oppressés restent bien cantonnés.Car plus une population est bien contenue dans son espace plus elle offre des possibilités d’exploitation juteuse en terme de profit.
A l’inverse,la libre circulation des capitaux et marchandises sont applaudies par tousceux qui ont de l’argent à faire fructifier.Celase fait au travers de fonds d’ investissement,sociétés écrans,boursesinternationales et l’obligation faite aux états d’emprunter sur les marchés internationaux qui sont assez bien anonymes.Cette anonymisation évite de voir la vindicte populaire s’en prendre auxnantis locaux car on ne peut plus mettre un nom sur les détenteursde la dette publique.Les marchés globaux permettent donc une extrême mobilité et un anonymat presque parfait.La lutte permanente pour la réduction,ou mieux pour le plafonnement des impôts entre dans ce cercle fructueux car non seulement, il réduit les impôts des nantis,mais en plus il creuse la detteetdonc augmente le recours à la dette et donc double le profit pour les nantis prêteurs.
Pour que tout cela perdure tranquillement,il ne faudrait surtout pas que les Etats se remémorent le fait qu’il pourrait bien créer de la monnaie au lieu de l’emprunter.Il faut donc à tout prix maintenir le mythe de l’argent rare.D’un argent qui vaut son pesant d’Or,qui est de l’Or et qui est donc rare par nature !Certes,aux origines antiques,l’argent en était parfois,mais le plus souventc'était de l’or ou un alliage précieux.Bref il était métallique et pasen papier ni pure convention scripturale.Mais l’humanité a évolué depuis.Rappelons que la jeune nation des État Unis d’Amérique créait du Dollars pour se financer jusqu’en1913.Et cela fonctionnait très bien.A tel point qu’il n’y avait pas d’impôts (condition nécessaire mais pas suffisante).
Il est donc urgent de se rappeler que pour échanger entre être humains ou sociétés.Dans tous les cas,un fournisseur veut être assuré de façon aussi sûre que possible de recevoir l’équivalent de son effort sous forme d’un crédit pour sefournir lui-même en ce qu’il souhaite.Il n’y a pas besoin de métaux précieux et que des gens riches prêtent ceux-ci.Il suffit de conventions sur la façon de rendre la réciprocité.Une société vivant en régime de don,fait simplement confiance à l’autre,aux autres,pour recevoir au final des compensations perçues comme satisfaisantes.Certes ce modèle n’est pas très courant,et n’existe que dans des communautés assez restreintes1Longo-maye,Wallis&Foutouna,iles trobriandaise
.Le modèle d’échange le plus courant est celui du donnant-donnant.On fournit quelque chose contre une autre chose.Avec la solution la plus simple et la plus impraticable qu’est le troc.Le troc multilatéral,c’est du troc indirect.A échange,avec B,son produit contre n unités de compte de troc multilatéral,puis il échange en une fois ou plusieurs fois les unités reçues avec C,D..,ce maintenant,plus tard ou plutôt.Il y bien troc indirect et déphasé.L’erreur historique est d’avoir utilisé comme unité de compte quelque chose qui lui même est aussi une marchandise,que l’on peut stocker et évidemment voler !L’erreur historique est bien évidemment compréhensible.En effet,dans l’antiquité,il eu été impossible de tenir un livre unique de compte à distance et consultable par internet !Ce qui est insupportable est le fait que l’on persistedans cette erreur.Il est clair que toutes les forces réactionnaires à cette correction sont pilotées par...les détenteurs de «l’argent rare».Rappelons que le mythe de la rareté de l'argent est indispensable pour justifier la rémunération de celui-ci.Tout système permettant de rémunérer le travail utile et seulement celui-ci,sera donc férocement combattu par ceux qui puisent leur puissance de «l’argent rare».
Revenons à nos urgences.Quelles sont celles ressenties comme telles par bon nombre d’individus.Tous d’abord dans les pays «riches».On peut citer,le réchauffement climatique,la pénurie de pétrole,les crises financières,la sécurité,l’immigration,le chômage.Dans les pays pauvres,on peut évidement citer la faim,ledespotisme,la corruption,l’analphabétisme,les disettes,les épidémies...et la dette.Bref que de chantiers.La solution est elle de se battre sur tous les fronts ou,à l’inverse,faut-il choisir un chant d’action et s’y tenir.
Ou faut-il trouver le tronc commun à tous ces problèmes:l’argent rare.!
Quelque soit le problème,on se trouve toujours confronté à la question de l’argent.Comment trouver l’argent pour pouvoir agir.On peut trouver des acteurs prêts à s’investir et souvent «pour pas cher».Mais il faut des moyens autres qui coûtent eux aussi.Donc,il faut de l’argent qui coûte très cher (parce qu’il est rare).On voit donc que l’on n'est pas bloqués par les ressources humaines mais bien par la prétendue absence de ressources financières.Les humains sont en effet prêt à travailler même la journée durant,alors que raisonnablement on devrait,dans nos pays dit développés,travailler entre10et20heures semaine (tous-toutes).Certains peuvent ce dépenser sans compter pour des oeuvres qu’ils considèrent comme un devoir d’humanisme.Mais,voila,il n’y à pas de finance pour cela.Alors que,pour les drogues (légale ou non),le militaire,la publicité (commercial,propagande religieuse et politique)etles produits de luxe ou gadgets,là il y a des montagnes d’or.
La raison de ce dysfonctionnement est que le seul critère de sélection d’un projet dit économique est qu’il dégage un profit pour les actionnaires.En effet,pour lancer un projet d’un minimum d’envergure,il faut de l’argent dit-on.En fait, il faut des moyens de production ou des moyens initiaux.Et,dans le système actuel la voie pour obtenir ses moyens initiaux est de demander de l’argent à la sphère financière.Celle-ci,évidemment n’a qu’unseul raisonnement:ce projet peut-il rapporter assez gros en tenant compte des risques d’échec?.L’utilité publique,le bien être des peuples,l’utilité réelle,etc...n’entre en rien en ligne de compte.Ces facteurs,extérieurs à l’objectif n’interviennent que dans l’analyse marketing qui détermine les taux de profit et de risque dans l’aventure.Si donc un projet est retenu par la sphère financière et est d’un réel apport pour la société c’est par accident.
Ce mythe de l’argent rare doit donc être tenu pour responsable l’impossibilité de toute évolution humaniste.La conclusion s’impose par conséquent de mettre un maximum d’énergie pour résoudre le problème suivant:
Comment passer de l’«argent rare» à un système permettant de rémunérer le travail et lui seul. Ceci devant permettre de mobiliser toutes les énergies potentielles pour des actions collectivement jugées utiles,conformes aux besoins à court terme de l’humanité mais aussi compatibles avec les intérêts des générations futures et qui évite le gaspillage dans les gadgets et la concurrence stérile.
Ce genre de transition doit vaincre certain obstacles et non des moindres.Le pire est sans doute la résistance au changement qui est présente chez chacun-ne.Le second est la propagande organisée par les franges de la société qui ont un intérêt réel (ou crû)à ce que le système ne change pas.Sachant que cette classe contrôle les médias et notamment la télévision qui partout est l’instrument de prédilection du marketing bourgeois
Mais,au préalable,quelles devraient être les propriétés d’un tel système? Postulons qu’un tel système doit satisfaire les critères suivants:
être un instrument exclusivement collectif géré et contrôlé par cette collectivité.ne rémunérer que le travailne pas être convertiblene pas être sujet de spéculationne pas être transmissiblene pas être anonyme
Nommons cet instrument:système de compensation multilatéral du travail (SCMT)2n concours est ouvert pour unacronyme qui sonne ! Dans un autre documentlacronyme SELn (SEL national) . Mais, il y sûrement mieux.Ce système est comparable à un SEL:Système d’Echange Local.Avec la différence de taille que le local devient ici un état souverain,ou à un niveau encore supérieur,l’ensemble des états souverains.A ce niveau supérieur cela pourrait d’ailleurs se nommer BANCOR3.
En bref,cela marche comme suit.
Un membre A fournit un service à un autre membre B.A est crédité de n UC (Unité de Compte)tandis que B est débité du même montant.Il en va de même pour toutes autres transactions.Toute transaction à un coût (n)mais pas de charge de type financière.Il n’y a pas de limite de nombre et de volume de transactions.Il doit y avoir des limites de débit en volume et en temps.Celles-ci dépendent de la collectivité et non,en tout cas directement d’intérêt privé.
Iciapparaît évidemment la question de la démocratie.Est-elle réelle ou de façade !Il est bien évident que de transférer le pouvoir de grand capital vers les collectivités pose des problèmes de participation au pouvoir.Le SCMT est un instrument permettant la sortie du capitalisme,un pas en avant vers plus de démocratie,mais ce n’est pas la démocratie.Et,en même temps,comme la démocratie n’est pas compatible avec le capitalisme,c’est donc une condition nécessaire mais pas suffisante.
Pour en savoir plus sur le mode de fonctionnement d’un tel système,voyez le texte de Shumacher et Keyne4Le système de compensation multilatérale est une thèse de Schumacher complétée par Keynes, notamment pour l’acronyme. ref: http://www.cui-zy.cn/Recommended/%E6%AC%A1%E8%B4%B7/SchumacherClearingKeynes.pdf ainsi quele document intitulé «Quel utilité a la sphère financière« accessible sur le net5http://silberstein.no-ip.info/finance.html.
Revenons sur les obstacles disons statiques à l’instauration d’un tel système.Il n’a pas été invoqué l’obstacle dynamique de la transition de la situation actuelle vers un SCMT pure.En fait,ce n’est sans doute pas le pire.Les étapes d’une telle transition pourrait être globalementrésuméescomme suit.
Le premier point ne devrait pas trop déstabiliser le monde.C’est déjà une revendication d’ATTAC et elle ne devrait pas êtrecombattue par tous les libéraux.
Le second pas est évidemment plus critique,mais il permet de définitivement rendre à la collectivité et à elle seule,le pouvoir de la création de monnaie.
L’élimination de la monnaie anonyme joue un double rôle.D’une par il permet d’éliminer pas mal de trafic et de corruptions.Et,c’est un pas décisif de la transformation du système monétaire vers le système de compensation.
Comme certainacquis monétaire peuvent provenir du labeur il est normal que dans un système qui veut rémunérer que le travail «utile» et pas la fortune,il est normal d’accréditer ces acquis du labeur dans le nouveau système.La difficulté est de faire la part des choses.
Le dernier point consiste à faire passer lesystème de compensation comme l’instrument de payement des transactionsinternationales.La forme que cela peut prendredépendfortement de l’évolution de la situation internationale.A supposer que le BANCOR se soit imposé,la solution est alors triviale.Mais la probabilité de cette solution est faible même si le FMI préconisait une telle solution dans son rapport sur la stabilité monétaire de20106 http://www.imf.org/external/np/pp/eng/2010/041310.pdf